Les révélations d’une correspondante à Antananarivo
« Bonjour, je voudrais 250 grammes de porc s’il vous plait. » Devant la boucherie de Tanjona, d’ordinaire très prisée, les clients arrivent au compte-goutte. En ce début septembre, le commerçant fait grise mine. Il est 14h et son étal est encore beaucoup trop garni à son goût. « Avant (en juillet, NDLR), les gens avaient l’habitude d’acheter 1 kilo, explique le vendeur. Maintenant, regardez, ils me demandent des quarts de kilo ou des moitiés de quart de kilo. Moi, je n’ai pas encore augmenté mes prix parce que ma clientèle a déjà tellement diminué, que je ne veux pas perdre celle qui me reste. Mais tôt ou tard, je vais devoir m’y résoudre. »

Hausse des coûts en début de chaîne
Cette dame n’est pas du quartier. Avec ses 4 enfants, elle a parcouru près de 2 km pour venir acheter une petite « saucisse gasy ». « Avant, on se rendait toujours à la même boucherie. Et on ne changeait jamais. Maintenant, on regarde celle qui pratique les meilleurs tarifs en fonction des morceaux qu’on peut se permettre d’acheter. C’est pour ça qu’on est ici. Lui n’a pas encore augmenté ses prix ».
À Madagascar, sauf rares exceptions, la viande est produite localement. D’après plusieurs bouchers contactés, si son prix a brusquement augmenté la semaine passée, c’est en grande partie dû aux hausses des coûts enregistrés en début de chaîne : augmentation du tarif des papiers d’identité des bovidés, mais aussi et surtout augmentation du prix de l’essence utilisée par les transporteurs pour acheminer les bêtes aux abattoirs de la capitale.