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Maroc : suite à de nombreuses critiques, le président de l’UIOM démissionne

Moins d’un mois après que ses propos controversés sur la démarcation des frontières de l’Afrique du Nord ont suscité de violentes réactions, le prédicateur Ahmed Raïssouni, a proposé de démissionner de son poste de Président de l’UIOM.

prédicateur Ahmed Raïssouni, démissionne de son poste de Président de l’UIOM
prédicateur Ahmed Raïssouni, démissionne de son poste de Président de l’UIOM

Une décision difficile à prendre

Le prédicateur, âgé de 69 ans, a annoncé dimanche 28 août dans un communiqué avoir donné sa démission à l’Union internationale des oulémas musulmans (UIOM). « Me tenant fermement à mes positions et opinions, sans admettre de compromis, et afin d’exercer ma liberté d’expression, sans condition ni pression, a expliqué Ahmed Raïssouni, j’ai décidé de présenter ma démission de la présidence de l’Union internationale des savants musulmans. » Il en était le président depuis 2018.

Son départ a été confirmé par l’institution lors d’une assemblée extraordinaire, qui s’est tenue la veille. L’UIOM a tenu à saluer le geste de son ancien président, ainsi que sa volonté de « donner la priorité aux intérêts supérieurs » de l’organisation.

Un discours qui soulève de nombreuses critiques

Le discours d'Ahmed Raissouni
Le discours d’Ahmed Raissouni

Ahmed Raïssouni avait qualifié, le 2 août dans une interview accordée à Blanca TV – média marocain −, l’État mauritanien « d’erreur », et appelé à « marcher jusqu’à Tindouf », région frontalière algérienne, si Mohammed VI le demandait. Face à la vague de réactions qui a suivi, Ahmed Raïssouni s’était par la suite en partie rétracté sur son blog personnel, sans succès, dénonçant des « propos mal interprétés ». Le 21 août, l’Association des oulémas musulmans algériens a annoncé le gel de ses activités au sein de l’institution islamique et réclamé son départ. Plusieurs responsables et partis politiques algériens et mauritaniens avaient également condamné son discours.

L’UIOM, fondée en 2004, dont le siège se trouve à Doha, au Qatar, avait publié début août un communiqué se désolidarisant des propos tenus par son président, expression de son « opinion personnelle, (…) pas celle de l’Union ». L’UIOM a réitéré sa position le lundi 29 août, appelant à la « coexistence pacifique » dans le monde musulman : « Le Conseil d’administration affirme son plein respect de la souveraineté des États, de leurs frontières et de toutes leurs spécificités, et son refus ferme d’y porter atteinte ».

« L’Union internationale des savants musulmans est un organisme scientifique indépendant et légitime qui ne peut être réduit à un parti, un groupe, une secte ou un État », précise l’UIOM dans son communiqué. Une indépendance qu’Ahmed Raïssouni a lui-même certifiée, à nouveau, sur son blog, affirmant que le Qatar n’était « jamais intervenu dans aucune des positions, décisions et orientations de l’Union ». Le prédicateur a enjoint ses détracteurs à cesser de « diaboliser » la monarchie du Golfe.

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