Musiques du monde : Les bassistes camerounais.

Depuis plusieurs décennies, les Camerounais comptent parmi les bassistes africains les plus influents de la scène mondiale. Talentueux et appliqués, leur expertise à régulièrement fait ses preuves à travers de nombreuses collaborations à l’international, au point où l’on en vient à se poser des questions sur cette « école » de la basse Camerounaise qui s’impose au plus haut sommet.

Les origines de la basse camerounaise

C’est au début des années 1960 que date la véritable éclosion des bassistes camerounais, cette époque voit la guitare basse gagner en popularité à la faveur des révolutions musicales que sont le rhythm and blues, la soul ou le funk. Dans les nombreux clubs du Cameroun, les musiciens locaux s’inspirent de ces nouveaux styles arrivés d’Europe ou des États-Unis.. La basse commence donc à faire la particularité de l’identité musicale camerounaise, et elle va ainsi contribuer au succès et à la reconnaissance sur la scène mondiale des musiques tel que : le Makossa, le Mangambeu, le bikutsi, l’assiko.

Les précurseurs bassistes camerounais

Aux premières heures de l’indépendance,« Mister Precision » de son vrai nom Manfred Long, l’un des bassistes camerounais les plus connus, accompagne Claude François en lui apportant le beat disco si caractéristique de son répertoire. On le retrouve également, en 1969, aux côtés du jazzman René Urtreger pour un concert mémorable à l’Olympia, au sein d’un orchestre dirigé par Jean-Claude Petit.

Manfred Long ‘Mister Precision’ l’un des 1ers bassistes camerounais reconnu a l’international.

 

 

 

 

 

 

Joseph ekambi tongo mpondo aka Jo Tongo « l’Explosif » est également le bassiste préféré du chanteur israélien Mike Brant, avec lequel il se produit de 1970 à 1972 avant de jouer dans d’autres groupes (Soul Tramp, Tabala…) et avec Ky-Mani Marley, fils de Bob Marley, La star jamaïcaine du reggae.jo tongo.

Jo Tongo ‘l’explosif’.

 

 

 

 

 

 

 

Vicky Edimo , repéré a l’âge de quatorze ans par eboa lottin, il va l’accompagner jusqu’à son voyage vers l’étranger. Arrivé en France en 1972,ce monstre de technique au slap légendaire s’illustre quant à lui auprès de Sacha Distel et de Dalida, James Brown, Fred Wesley, Maceo Parker ou la pianiste Geri Allen.

vicky edimo le père des bassistes camerounais
Vicky Edimo…le pere des bassistes camerounais.

 

 

 

 

 

 

 

 

Vicky edimo a joué avec Bob Marley et est l’un des membres fondateurs de la compagnie créole et des Gibson Brothers.

Cette naissance du génie camerounais n’aurait sans doute pas eu la même intensité sans l’existence du maître incontesté qu’est Jean Dikoto Mandengue, l’auteur du titre a succès ‘muna munyengue’.

Venu à la basse sur les recommandations de Manu Dibango, jean dikotto mandengue dit« Jeannot Karl » accompagnera lui aussi les grands hérauts de la chanson hexagonale. Tel que Claude François, de 1966 à 1973, avant de voguer sous la sphère afrofunk au sein d’Osibisaet du P-Funk de George ­Clinton.

Jean Dikoto Mandengue dit jeannot Karl …le ‘maitre’.

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutefois La liste ne se limite pas à ces quatre piliers. Bien d’autres noms, comme Armand Sabal-Lecco, Jannot Ebelle, Willy Nfor, Didier Likeng, André Manga, Frédéric Doumbé, Aladji Touré, Hilaire Penda, Kotto bass, Richard epesseNoel ekwabi, Sandra nkake ont à leur manière, apporté ses lettres de noblesse à l’instrument joué désormais sur cinq voire six cordes.

 

La nouvelle génération des bassistes camerounais :

Bassistes camerounais à l’international.

Aujourd’hui Ambassadeur incontestable de la guitare basse, Richard Bona perpétue cette tradition de l’excellence. Mais si sa virtuosité et sa dextérité en font l’un des bassistes les plus recherchés, Étienne Mbappé, fondateur du groupe Ultra­marine, et Guy Nsangué akwa, d’avantage connus dans les milieux du jazz, tiennent également le haut de l’affiche, et ce n’est pas un hasard si les festivals internationaux cherchent régulièrement à les réunir sur la même scène.

Bassistes camerounais sur le plan local

Sur le plan local, après le décès de Kotto Bass et la prise de recul d’ ATEBASS, Herve nguebo se démarque des jeunes talentueux de la place.

De son vrai nom Nguem Hervé Isidore, Herve nguebo multiplie les collaborations avec plusieurs artistes et ses récurrentes interventions dans les studios de la place vont l’imposer comme la référence locale de la guitare bass. Certains de ses titres tels que essoka, na wodi wa, diba la bobe, rappellent à souhait le style de son illustre aine Richard bona, ce qui lui vaut le surnom de Petit Bona.

 

Hervé Nguebo – Essoka (Official Music Video 4k version 2021)

Herve Nguebo ‘petit Bona’.

 

 

 

 

 

 

Si Herve Nguebo est le leader local de la guitare Bass, il faut mentionner le non moins talentueux mola mongombe qui ne cesse de se distinguer par ses productions les unes toujours plus originales que les autres.

Mola Mongombe – MOTIMBELI (Official Video) – YouTube

La basse camerounaise étant désormais une valeur sûre, l’école camerounaise de la guitare à quatre cordes est une vraie ruche, dans laquelle d’illustres stars du jazz, et autres musiques du monde viennent butiner avec bonheur.

Griotys Pratique

Voir toutes les publications

Commenter

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.